vertige paroxystique positionnel bénin
Par Dr Anouk BLAYO
Qu'est-ce que le vertige paroxystique positionnel bénin (VPPB) ?
ORL à Paris
Le VPPB représente l’une des causes la plus fréquente de vertige.
Il résulte de la libération des otolithes (petits cristaux de carbonate de calcium) provenant des organes otolithiques qui sont localisés dans l’utricule (sensible à l’accélération linéaire horizontale) et dans le saccule (sensible à l’accélération linéaire verticale) déplacés vers les canaux semi-circulaires (sensibles aux accélérations rotatoires dans les 3 axes du corps) dans le labyrinthe de l’oreille interne.
Comment se manifeste un vertige paroxystique positionnel bénin (VPPB) ?
Par Dr Anouk BLAYO
Typiquement le patient ressent des vertiges rotatoires, intenses, brefs (quelques secondes), déclenchés par un mouvement brusque de la tête (ce mouvement est habituellement toujours le même : se coucher, se lever, regarder en l’air, tourner la tête rapidement, se retourner dans son lit) et se reproduisant lors du retour à la position initiale.
En dehors de cette situation, le patient présente classiquement peu de troubles, notamment pas de symptômes auditifs.
les vertiges
ORL adulte et pédiatrique
Quelles sont les causes d’un vertige paroxystique positionnel bénin (VPPB) ?
A côté du VPPB idiopathique (cause inconnue), les principaux facteurs de risque du VPPB sont le vieillissement, les traumatismes crâniens, les infections virales, les immobilisations prolongées, les troubles métaboliques (carence en vitamine D ou ostéoporose), les déplacements mécaniques des cristaux (par vibrations ou changement de pression) suite à des soins dentaires ou après des chirurgies de l’oreille, ou encore des maladies de l’oreille interne préexistantes.
Comment on fait le diagnostic d’vertige paroxystique positionnel bénin (VPPB) ?
La description du patient de ses vertiges très caractéristiques est le plus souvent évocatrice du diagnostic.
Le diagnostic est confirmé par une exploration fonctionnelle : la vidéonystagmoscopie. Il s’agit d’une recherche de reproduction des vertiges ressentis par le patient pour identifier des mouvements des yeux (appelés nystagmus) dans certaines positions de la tête (test de Dix-Hallpike) pour identifier le canal semi-circulaire de l’oreille atteinte.
Si le tableau clinique est parfaitement typique, il n’est pas nécessaire de faire pratiquer des examens complémentaires et une manœuvre libératoire peut directement être effectuée par l’ORL pour soulager le patient.
Qu’est-ce qu’une ‘manœuvre libératoire’ ?
La manœuvre libératoire est une technique utilisée pour traiter le vertige positionnel paroxystique bénin (VPPB).
Elle vise à repositionner les otolithes (petits cristaux de carbonate de calcium) déplacés dans le système vestibulaire de l’oreille interne. Il existe plusieurs différèrent manœuvre libératoire selon le canal semi circulaire concerné.
- Canal postérieur / antérieur : la manœuvre d’Epley ou la manœuvre de Semont
- Canal horizontal : la manœuvre de Gufoni ou la manœuvre de Lempert (ou ‘BBQ roll’)
Suite à la manœuvre libératoire, il est important de garder la tête la plus stable possible (‘comme porter une couronne sur la tête’) pendant plusieurs jours et de dormir semi-assis sur l’oreille non concernée pour donner aux otolithes le temps de s’ancrer correctement au niveau de la membrane de l’organe otolithique.
Le traitement par la manœuvre libératoire permet d’obtenir un taux de guérison dans plus de 80 % des cas. Ce taux s’élève à plus de 90 %, lorsqu’une seconde manœuvre est nécessaire une semaine plus tard.
En cas de persistance des vertiges, des explorations complémentaires – comme une IRM hydrops et ou une vidéonystagmographie (VNG), sont nécessaires pour exclure des pathologies de l’oreille interne préexistantes ou des pathologies centrales.
Comment évolue le vertige paroxystique positionnel bénin (VPPB) ?
En l’absence de traitement, progressivement un phénomène d’épuisement s’installe : les crises disparaissent et deviennent moins intenses et moins fréquentes jusqu’à leur disparition. Très rarement les crises deviennent chroniques.
L’auto-rééducation peut être conseillée chez certains patients présentant des récidives de VPPB. Elle consiste à s’asseoir sur le bord du lit et à se coucher plusieurs fois de suite sur le côté déclenchant les vertiges. Le vertige va survenir et progressivement s’épuiser jusqu’à disparaître.